dimanche 11 décembre 2016

Tristesse































Il y a des jours, des soirs, où le tempo de vivre est en cadence mineure.
Où l’envie d’avancer nous a quittés.


Les lèvres sont mortes de sourires.
La gorge ne vibre plus de rires.
Les yeux sont mornes, sans éclats.


Pourtant, le monde est inchangé.
La terre continue de tourner, les gens de marcher.
Mais notre cœur ne palpite plus- ou à peine.
La joie ne l’alimente plus : le foyer au fond de soi a cessé de briller.
Seules quelques braises rougissent encore sous un tas de bois noirs et calcinés.


Les minutes, puis les heures, s’écoulent.
Le froid s’installe.
Du silence, en soi.
 
Et le corps tremble de larmes.

Les doigts sont las de les effacer, ces larmes.
Les cheveux tombent, tombent, sur le visage, cachant un regard embué de tristesse.


On aimerait quitter le navire, changer de mer.
On aimerait partir là-bas et s’allonger sur le sable.
S’endormir sur la plage


On n’en a pas la force.
Notre lit est une île ; la chambre, un désert.


J’ai déployé le drapeau de la détresse, mais le mât s’est cassé.

Et puis l’on se dit, un jour, un soir…
on se dit, un jour, un soir où l’on est enfouie sous de vagues amères…
C’est reparti.
Sans courir, sans élan, on repart, on continue d’avancer, à petit pas, doucement, mais on avance.


Dans la pièce, la lumière reste éteinte.
Mais une bougie danse.




Amandine Schloesing



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